Que reste-t-il du drapeau haïtien ? 

Que reste-t-il du drapeau haïtien ?

Michaud Joanier

Boukan News, 18 mai 2025 – Le 18 mai 1803 marque la naissance du bicolore haïtien à l’Arcahaie, une ville proche de la capitale haïtienne, Port-au-Prince. Aujourd’hui, nous commémorons le 222e anniversaire de cet événement historique.

L’héroïne Catherine Flon l’a cousu sur fond d’un acte fondateur d’une nation naissante qui venait de dire non au colonialisme, a l’esclavagisme et au racisme. D’où l’épineuse question de la restitution de la dette de l’indépendance !

Deux cent vingt-deux ans plus tard, quelle est la valeur actuelle de ce symbole héroïque ? Cette interrogation revient fréquemment, notamment en raison du traitement réservé à ce drapeau par les gouvernements successifs.

En tout cas, alors que pour certains le drapeau reste un symbole de fierté, pour d’autres, il perd de sa signification et devient un simple objet utilitaire.

À plusieurs reprises, la célébration du 18 mai a dû être déplacée en raison des pressions armées exercées par les gangs, indiquant la faiblesse chronique de l’État. Néanmoins, cela n’empêche pas le déblocage de 400 millions de gourdes pour réaliser cette célébration. Cette occasion est une opportunité extraordinaire pour certains acteurs d’empocher des millions sous le couvert d’un cadre légal. Charles Pierre de Coubertin, sportif français et fondateur du Pentathlon et des Jeux Olympiques Modernes, aurait évoqué l’importance de célébrer avant tout. Cependant, il est crucial de réfléchir aux implications de telles pratiques, quelle honte !

Pour nos dirigeants haïtiens, cette honte n’est plus un sentiment révolutionnaire, bien au contraire qu’on a honte si on veut.  C’en est une option !

Nos dirigeants politique semblent bien oublier que c’est la production agricole, industrielle et technologique qui fait la valeur d’un drapeau. Ces sempiternels discours pompeux n’apportent aucune satisfaction pour la population et n’a rien gagné.  Et, l’homme politique et l’intellectuel haïtien, Louis Joseph Janvier, ne s’en est allé par 4 chemins pour expliquer ce fait : « La raison d’être de l’État réside dans la satisfaction de son peuple. »

Durant ces 5 dernières années, le bicolore haïtien cesse de flotter dans certains coins du pays, communément appelés « territoires perdus ».

En 2025, peut-on vraiment dire avec fierté « bonne fête du drapeau » ?  On en doute fort !

Vive le bicolore haïtien ! Haïti doit renaître de ses cendres !

Michaud Joanier

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