Lettre Ouverte de Rony Monestime à Daniel Supplice

Lettre Ouverte de Rony Monestime à Daniel Supplice

Jean R. Monestime
Cher Supplice,
Boukan News, 03/13/2025 – L’autre jour, j’ai essuyé l’une des plus grandes déceptions dans ma vie de chercheur en Essais Cliniques, de spécialiste en Génome Humain et de chercheur en Histoire. Une vidéo, retrouvée sur la page Facebook de Madame Hugline Jérome, m’a été un chaos, voire un déprimant pendant des heures. Car, dans cette vidéo, quand la rhétorique bouffonne n’a été monarque, la pseudoscience était reine.
Monsieur Supplice, vous avez dit que : « nous, les haïtiens, ne sommes pas africains mais un métissage ». C’est tellement hilarante cette déclaration, je me demande combien de 22/22 (Eau de vie, clairin) qu’on y « coulait » en jour ?
Cher compatriote Supplice, être africain n’est défini ni par la géographie ni (totalement) par la sociologie, mais par l’héritage génétique. Le métissage dont vous parlez est planétaire. Il n’y a pas d’ethnie pure sur la terre. Autrement dit, d’hybridation, il y en eut, il y en a et il y en aura toujours ; cette réalité anthropologique ne peut, en aucun cas, désacraliser l’origine ethnique. Puisque, génétiquement, c’est le pourcentage de gènes et d’allèles qui affirme l’appartenance ethnique.
Le métissage est un facteur causal dans l’évolution de l’espèce humaine, mais il n’est pas un changeur de gamètes des parents.
Gutierrez de Sciences-et-Avenir le témoigne en étalant que : « Le brassage des populations permet d’acquérir des mutations génétiques avantageuses en quelques générations seulement. Corollaire : à notre époque de grandes migrations, l’être humain n’en a pas fini avec l’évolution ! » (Gutierrez (2021). C’est-à-dire, la mission du métissage n’est sociologique mais un renfort biologique. C’est la pseudoscience qui veut qu’elle soit créatrice de nouvelle ethnie.
D’ailleurs, l’Homo sapiens (l’homme moderne), apparu en Afrique, il y a 200 000 ans, est le fruit d’un métissage avec d’autres espèces humaines archaïques comme l’homme de Neandertal (Homo neanderthalensis) en Eurasie et le minuscule Homo floresiensis en Indonésie (Hammer, 2013).
Ces rares interactions interspécifiques, repérées par les scientifiques, sont filles de la vision appelée le Modèle de Remplacement Africain. Pourtant, elle garde tous les classements ethnico-génétiques :  Asiatiques, Eurasiatiques, Européens et Africains.
Monsieur Supplice, voyez-vous que les chinois et les japonais sont, aussi, génétiquement des métisses ? Alors qu’ils demeurent tous des asiatiques. Aucun sociologue, chinois ou japonais, n’ose les qualifier de non-asiatiques. Parce-que cette appartenance est sous l’égide du séquençage d’ADN, faiseur de leur patrimoine génétique.
D’une importance analogue, les origines de l’être haïtien sont encodées dans son ADN et un test sur l’origine ancestral permettra de déterminer d’où viennent ses ancêtres. Céleste-ADN, un labo du Cap-Haitien, a déjà identifié, grâce à des échantillons, que 90-98% des haïtiens sont des nigéro-kongos et/ou des bantous avec une répartition sur les groupes spécifiques dont les Mandingues, les Ewe, les Yorubas, les Igbo, les Fons, pour en citer peu.
Oui, nous sommes africains, car nos maladies génétiques sont africaines ; la drépanocytose (l’anémie falciforme) est l’illustration notoire.
Oui, nous sommes africains, car notre patrimoine spirituel est africain ; le vodou est le célèbre exemple.
Oui, nous sommes africains, car notre expression de joie et/ou de tristesse est un parfait témoin. L’haïtien tout comme l’africain (hormis les xénomanes) ne pleurent pas leurs morts dans les mouchoirs ni fêter la noël au balcon. Nous sommes une peuplade des rues. C’est Ethnocentrique.
Dr Price-Mars a écrit : « L’haïtien est un peuple qui danse, qui rit, qui se résigne ». Croyez-moi, si notre métissage nous désafricanisait comme vous le claironnez, le taux de suicide serait exponentiel en Haïti, avec cette insécurité inouïe, légalisée par des politiques.
C’est que nous sommes africains par notre matériel génique. En effet, cette évidence scientifique ne peut être biffée ni par la « mulâtrie » ni par la blancomanie.
J’ai cru entendre que vous êtes membre du cabinet du ministre de la Culture, Monsieur Patrick Delatour ; je m’interroge sur comment le DG Jean-Gary Denis, un amoureux de l’Africanité, peut-il avaler un tel blasphème sur notre anthropologie ?
Monsieur Supplice, l’Africanité Haïtienne est innée ; elle n’a pas été acquise. Cette certitude dépasse les hypothèses sans variables, les hâbleries et les bassesses léguées par Vincent Ogé.
 Tchouè ! Tchouè contre la pseudoscience ! Que toute langue complexée se repente !
 Oui, nous sommes africains !
Références :
-Hammer, M. (2013). Le métissage des espèces humaines. Pour-la-  Science (430). Tiré de :     https://www.pourlascience.fr/sd/paleontologie-humaine/le-metissage-des-especes-humaines-7468.php
-Gutierrez C. N. (2021). Le métissage, cet accélérateur de l’évolution humaine. Sciences-et-Avenir (204). Tiré de :
       https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/anthropologie/le-metissage-accelerateur-de-l-evolution-
      humaine_150242
Prof. Jean-Rony Monestime André, MHA, PhD-candidate en Science de la Santé
-Chercheur, Coordonnateur de Recherches Cliniques sur le Cancer du Sein
-Meyer Cancer Center, Weill Cornell Medicine||New York –   Presbyterian Hospital, NY
-Email: Jea4029@med.cornell.edu
-Spécialiste en Génome Humain & Génétique
 -Professeur, Seton Hall University, NJ
-Email: Jean-Rony.andre@shu.edu
-Spécialiste en Relations Haïtiano-Dominicaines

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