Élections américaines : les chrétiens, entre le libéralisme incertain et le conservatisme fallacieux !
« Cette fois, il faut s’attaquer à la culture du capitalisme, pour citer Antonio Gramsci, parce que c’est elle qui assure la pérennité dominante du système. Ce n’est pas l’armée, ni la police, ni les politiciens, comme on le croyait auparavant, mais le christianisme comme base idéologique. Donc, il faut la pervertir ! » (Joel Leon)

Boukan News, 07/31/2024 – Les chrétiens qui vivent en Amérique sont confrontés à un problème majeur en regard des élections du 5 novembre 2024, lequel des deux partis doivent-ils choisir pour hisser au pouvoir ?
D’un côté, il y a l’adepte du libéralisme, la vice-présidente Kamala Harris qui représente le parti démocrate, de l’autre côté, il y a le populiste-conservateur, l’ancien président Donald Trump, qui représente le parti républicain. Chaque candidat représente un ensemble d’intérêts matériels et de valeurs morales et spirituelles divergentes, mais s’unissent pour défendre l’Amérique à leur façon.
Cette réalité n’est pas nouvelle, les deux pôles politiques de l’Amérique s’affrontent régulièrement depuis des décennies, mais cette fois l’extrémisme s’invite visiblement de la partie. C’est exactement ce qui pollue l’atmosphère politique ! Et les chrétiens dans cet imbroglio ?
Les Conservateurs/Populistes
Les conservateurs, renforcés par le « nationalisme chrétien », un mouvement majoritairement dominé par les blancs, entend défendre cette idéologie qui est fondée sur l’idée que « l’Amérique est une nation chrétienne, qui a été fondée sur des principes chrétiens et que, par conséquent, elle devrait être une nation chrétienne aujourd’hui et à l’avenir ». D’après un reportage de « PBS », les nationalistes chrétiens croient que « le gouvernement fédéral devrait déclarer les États-Unis d’Amérique une nation chrétienne. Nos lois devraient être fondées sur les valeurs chrétiennes. Être chrétien est important si vous voulez être un véritable Américain ». Nous sommes en présence d’une forme d’intégrisme occidental identique à celui des islamistes qui essaient d’appliquer la « Charia », qui signifie « Chemin pour respecter la loi divine », dans les nations fortement islamistes, notamment au Moyen-Orient et en Afrique. Une pratique sanglante qui continue de faire des milliers de morts !
Donald Trump, l’intraitable défenseur de la cause du parti républicain, veut sauver le christianisme de l’assaut gauchiste, pourtant il n’est lui-même ni chrétien ni conservateur. Pour ces derniers, les Etats-Unis sont victimes d’un vaste complot international pour mettre fin à sa domination mondiale. Les gauchistes du parti démocrate ont cette mission de détruire le pays de l’intérieur. Les promoteurs de ce « kool-aid » vont jusqu’à comparer le mouvement MAGA comme le « témoignage de notre engagement à voir le corps du Christ répondre à sa vocation dans ce moment crucial de l’histoire. Nous nous engageons à voir les croyants non seulement défendre leur foi, mais la mettre en pratique, pour finalement tourner notre nation vers le Seigneur ».
Ce virulent discours diffusé par les conservateurs, ponctué de références bibliques est très séduisant. Cependant, l’essence religieuse révèle de la pure manipulation pour abuser les croyants qui vivent aux Etats-Unis. D’abord, les leaders du nationalisme chrétien ne respectent pas les valeurs divines qu’ils veulent établir dans la société. De temps en temps, on découvre qu’ils sont des proxénètes, des homosexuels, des racistes, des xénophobes…qui jouent intelligemment sur les cordes émotionnelles des fidèles pour faire avancer leur agenda politique et économique.
Les libéraux/socialistes
De l’autre côté, le camp libéral s’enlise dans un non-conformisme inquiétant dont l’essence consiste à déchristianiser l’Amérique en proposant des projets carrément hostiles à la Bible. Les libéraux basent leur relation internationale, particulièrement avec les pays du tiers-monde, autour de l’acceptation du mariage homosexuel. C’est ainsi que les pays africains, foncièrement conservateurs, chrétiens et musulmans, rejettent la pilule amère. De ce fait, leur coopération avec l’Amérique est sévèrement atteinte. Ce qui aggrave la souffrance de leur pays qui a besoin de capitaux frais, de la technologie, de l’assistance technique…pour faire croître leur économie.
Les libéraux, quoique tolérants, tentent au nom de la science, d’attaquer la religion chrétienne dans sa base. « Des chercheurs considèrent le libéralisme comme une forme de pensée théologique. Le marché y fait figure de dieu digne de foi et tout puissant, avec ses prophètes et ses commandements. » Avec l’évangile de la prospérité, les églises sont converties en un centre d’affaires ou tous les fidèles sont encouragés à prier pour devenir riche. Je me demande, de quel Dieu parle-t-il ?
Les adeptes du camp libéral /socialiste, au nom de la liberté, veulent détruire toutes les traditions sur lesquelles repose le pays depuis près de 250 ans. C’est le règne du libertinage et de l’incertitude. Une société sans aucun repère, plongée dans l’inconnu, n’est pas rassurante. L’improvisation partout et en tout n’est pas un choix responsable. L’effondrement de l’expérience socialiste en Europe de l’Est ne réconforte pas non plus comme une alternative au capitalisme guidé par la sauvagerie des lois du marché.
La Chine arrive à conserver la révolution de 1949 à partir de l’introduction des principes capitalistes dans la gestion économique de l’État à partir de 1976, avec Deng Xiaoping. Aujourd’hui, moins de 50 ans après, la Chine s’impose comme l’incontournable puissance économique qui rivalise les Etats-Unis, pour ne pas dire l’occident. Donc, jusqu’à présent les adeptes du socialisme n’arrivaient pas encore à théoriser un système économique et social basé sur des valeurs humanistes qui se traduiraient concrètement dans la vie de chaque citoyen en termes de bien-être matériel, moral et spirituel. Cette promesse révolutionnaire datée de plus d’un siècle est toujours dans l’impasse. Ouvertement, les survivants des régimes socialistes de la période de la guerre-froide s’emparent des méthodes capitalistes pour pouvoir relancer leur économie afin de renouer avec la croissance pour garantir le bien-être de leurs citoyens.
L’école est le centre spécial d’endoctrinement de la vision libertaire qui atteint nos enfants au berceau même. À la télévision, ce qui mobilise un nombre imposant de petits enfants, un ensemble de programmes d’acceptation est conçu pour répandre dans un langage facile les idées de liberté sans limites. Une stratégie qui a été conçue au début des années 1970, après les événements de 1968, pour poursuivre la lutte. Cette fois, il faut s’attaquer à la culture du capitalisme, pour citer Antonio Gramsci, parce que c’est elle qui assure la pérennité dominante du système. Ce n’est pas l’armée, ni la police, ni les politiciens, comme on le croyait auparavant, mais le christianisme comme base idéologique. Donc, il faut la pervertir !
Kamala Harris, sans doute va représenter le parti démocrate aux élections du 5 novembre, elle parle beaucoup de la démocratie, du futur et de la liberté, dont elle se porte comme la principale garante. Ce discours va certainement entraîner une vague de gens à voter pour elle, particulièrement les jeunes, filles et garçons, mais surtout les femmes. Cette dernière catégorie se dit victime de la décision de la cour suprême, contrôlée par les conservateurs, de mettre un terme au droit à l’avortement, au mois d’avril 2022. Kamala Harris et ses collègues démocrates se présentent comme les défenseurs intraitables du libre-choix des femmes de choisir pour leur corps. Les états, qui depuis l’année dernière définissent leurs propres lois sur l’avortement, qui réduisent les droits des femmes à avorter paieront un prix exorbitant aux élections locales. Les démocrates sont prêts à recueillir ses voix !
Les chrétiens, enfouis par des discours fallacieux de part et d’autre, vont devoir prendre le chemin des urnes pour élire leurs dirigeants à la présidence, au parlement, à la municipalité…
D’une part, les libéraux continuent avec leur politique de la déchristianisation, en formulant des méthodes contraires à la foi chrétienne, tels que : l’avortement, l’homosexualité, la liberté sexuelle…De l’autre côté, les politiciens conservateurs, menteurs comme eux seuls, se présentent comme les défenseurs des traditions chrétiennes pour convaincre les chrétiens à voter pour eux, le 5 novembre 2024. Une situation qui risque de générer en affrontements, déjà on a enregistré des actes ignobles et anti-américains dans tout le pays, notamment la tentative d’assassinat contre le candidat Donald Trump. Tout le monde vit dans un état d’inquiétude qui devient de plus en plus menaçant au fur et à mesure qu’avance la date des élections.
Pour terminer, l’avenir appartient aux libéraux. Je pense que les conservateurs sont en train de livrer leur dernier combat. Car, l’Amérique a déjà fait la traversée. L’histoire ne fait jamais marche-arrière ! Il incombe à la nouvelle génération d’inventer une nouvelle formule pour assurer leur maintien dans la vie politique américaine. Autrement, le courant conservateur tel qu’il est, court le risque d’être disparu du paysage américain !
Joel Leon





