Le Cap : Pleurer les Morts, Rire des Vivants
Boukan News, 07/29/2024 – Le footballeur Éric Théodore Joseph expire ! Les réactions pleuvent. Déjà, le web est inondé d’expressions de regrets, de mots nostalgiques, de locutions de soupirs, de jérémiades sur le temps de gloire, voire de verbes de lamentations. Cette posture d’élocution répond certes à une tradition culturelle : sous-appréciation anthume précurseur de la sur-appréciation posthume ; toutefois, cette attitude reste fâcheuse et indigne.
Le vivant est presqu’un hasardeux à Cap-Haïtien. La société capoise estime peu l’existence des gens. La mort d’Éric est une parfaite illustration. Cinquante-Trois (53) ans ne devraient être le prétexte du voyage vers le tombeau. Encore moins, quand cela est dû à la maladie de la prostate qui tue rarement à cet âge. C’est qu’il n’y avait pas eu un dépistage à l’heure.
Il n’y a aucun centre de diagnostique à Cap-Haitien ; un PSA ou APS (l’Antigène Prostatique Spécifique) s’y prélève mais parfois le test se fait à Port-au-Prince. Il n’y a presqu’aucune clinique d’imagerie médicale pour les examens du genre de guide par Résonance Magnétique (IRM) et d’échographie, en cas de besoin de biopsie de la prostate. Autrement dit, à Cap-Haitien, il n’y a pas de médecine pour la prostate ; or, l’incidence de nos cinquantenaires accroit.
Cette tradition de pleurer uniquement les morts est fastidieux. Plus d’un décès pourrait être prévenu si cette société était consciente de son improductivité. Les anciens footballeurs sont presque tous misérables après leur période glorieuse : pas de pension, pas d’assurance-santé, pas d’assurance-vie, sinon des palabres et des racontas sur des buts et des dribbles.
Le foot à Cap-Haïtien est rieur de jeunesse, pleureur de vieillesse. Éric est décédé d’une mort évitable. Quand on sait que le cancer de la prostate se développe lentement et de façon non agressive. La maladie peut donc aisément être prise en charge si elle est diagnostiquée à temps. C’est à dire, avant qu’elle ne se propage en dehors de la glande prostatique.
Ce qu’il nous faut est un dialogue métropolitain pour une meilleur approche de la vie. Le droit à la santé doit être débattu et imposé aux institutions. Le FICA pourra octroyer une assurance-santé aux joueurs. Les discours de louanges posthumes, les témoignages sur des buts et des performances sur le champ-de-jeu paraissent risibles et bouffons sans la valorisation de la vie anthume. Pleurer les morts c’est rire les vivants quand les soutiens y manquent.
Prof. Jean-Rony Monestime André
Jean-Rony.andre@shu.edu







Doc Monestime, mesi pou atik la , ni Opportunite a. Opportunite pou comble yon vide tet chaje. Mwin etonne ke yon neg tankouw pa gintan rezoud pwoblem SI la paske ou Nan biznis Sante deja Nan okap. SE pa footballer ki elegan pou 5 centimes. SE neg pa mwin. Li Pat nesese ke nou Pedi mouche Nan laj sila. Anpil douleur Nan AP traversem Nan moman. Gin mouche, Andre Francois, Ernst Jean Joseph, Evariste Mompoint, Son Xavier, at Tatou Zenith. Pa gin Libero sou la terre konsa. Tandem tande Passatella, Beckenbauer. Neg SA yo fet Nan PEYI ki pa fi n PEYI.