Boukan News, 07-13-2024 – Depuis environ un mois, le gouvernement Conille a pris fonction. Quel est son rythme de fonctionnement? Où sont les priorités de ce gouvernement? Le peuple ressent-il déjà la présence du gouvernement au travers des actes posés?
Depuis l’assainissement du pays, en passant par la sécurité, le retour des réfugiés internes dans leur lieu de résidence, la réorganisation de la fonction publique pour l’offre de services à la population! Là, nous sommes dans des questions de détails. Que dire des grandes questions stratégiques comme la réforme constitutionnelle! qui devra définir la nouvelle architecture du pouvoir d’État/la nouvelle orientation du pays. Car, la Constitution appelée à juste titre La Loi mère, doit définir la nouvelle matrice du pays pour les temps à venir.
Pour nous autres, ce doit être un grand chantier qui nécessite toute une ingénierie sociale capable de créer l’intérêt de toutes les couches de la population tant à l’international que de la diaspora car par ce nouveau document joue l’avenir du pays et de son peuple. Cette réforme ne pourra se faire “an ti koulout”, c’est-à-dire de manière sectaire ou exclusive.
C’est un impératif pour le Conseil Présidentiel de Transition et le Gouvernement d’accorder leur violon afin de trouver le modus operandi pour bien aborder le dossier de la Réforme Constitutionnelle. L’avenir d’Haïti en dépend réellement. L’une des façons de nous assurer que nous fermerons la parenthèse de cette “transition qui n’en finit pas”, est par l’Élaboration Nouvelle Charte Fondamentale issue d’une démarche participative et inclusive.
Son acceptation doit être obtenue par un Référendum organisé dans les conditions idoines de sécurité et d’échanges de débats contradictoires où chaque groupe social pourra exprimer ses idées sans se sentir menacé.
Rien ne laisse augurer que les actions de l’équipe au pouvoir sont guidées par un tel fil conducteur.
L’environnement actuel est-il propice pour lancer la réforme constitutionnelle voire le processus électoral. Pour nous autres, en termes de calendrier, la réforme constitutionnelle doit précéder toute autre action visant l’organisation des élections.
Si nous ne voulons pas mettre “la charrue avant les bœufs”, tout esprit avisé doit comprendre que la Réforme Constitutionnel devra précéder toutes actions devant conduire à l’organisation d’élections générales dans le pays.
C’est de la nouvelle Loi mère que sortira la nouvelle architecture politique que le peuple adoptera pour mener à bien son destin.
Qui de nous peut déjà dire si nous allons continuer avec cette voie tracée, ou définir un nouveau chemin. Ce n’est pas une question qui doit se régler entre quelques experts sous le contrôle des manitous de la communauté internationale à travers le BINUH.
Nou pa nan kou foure. Nou pap vin kite okenn patatis, okenn opòtinis Ekspè konstitisyonalis vin foure okenn manje ranje nan gòjèt nou.
Il faudra tout un processus de participation et toute une campagne de mobilisation pour permettre aux populations tant de l’intérieur que des diasporas de s’enquérir du contenu du document et d’apporter leur INPUT dans la Loi mère.
Pesonn moun pap vin fè nou achte chat nan sak ankò. On ne nous fera pas avaler la couleuvre pour après qu’on vienne nous dire que nou pa janm konnen sa n vle.
D’où l’urgente obligation pour les responsables de la transition de prendre toutes les dispositions pour garantir la sécurité pleine et entière de la population afin qu’elle puisse se sentir en condition pour jouir de ses droits et exercer ses devoirs de citoyen.
Cette garantie de sécurité passe obligatoire par la traque des bandits à col blan, ceux qui tirent les ficelles de nos politiciens et qui représentent les sangsues de la République. Ils ont la main mise sur l’économie du pays et sur l’appareil étatique.
Ainsi, pour y parvenir, le ministère de la justice devrait manifester sa présence par la mobilisation des parquetiers de la République au travers de Circulaires, de Mémorandum ou tout autre acte administratif pour leur rappeler leur rôle comme chef de la poursuite. Les divers dossiers de corruption et de crimes pendants devraient faire l’objet de suivi pour que justice soit rendue à la population.
Sans quoi comment éviter que l’argent sale ne vienne pourir le processus électoral. Comment éviter qu’on vienne corrompre la population et monnayer son vote.
Pito nou mize nan wout men nou pote Bòn nouvèl. Il appert indispensable que le CPT et le gouvernement nous font sentir qu’ils veulent renaître l’espoir, qu’ils veulent nous redonner le goût de vivre, qu’ils veulent nous faire reprendre la fierté haïtienne.
Souvenons-nous, nous ne sommes pas maîtres du temps. Le CPT et le gouvernement doivent transmettre le pouvoir le 7 février 2026 à un président élu. Au moment où nous écrivons ces lignes, nous ne ressentons pas encore ni l’élan, ni la fibre, ni la volonté qui puissent nous faire croire que le bateau sera conduit au bon port à cette date charnière.
Tout semble nous donner l’impression que “Apre nou, se nou.” Et, ce sera pour le grand malheur de la République et de son peuple souffrant.
Marcel Poinsard Mondésir






