Haïti, entre l’insistance, la persistance et l’impuissance !

 Haïti, entre l’insistance, la persistance et l’impuissance !

Joel Leon

Boukan News, 02/09/2024 – Le revers de la « révolution » de Guy Philippe était prévisible, et ceci pour des raisons d’ordre politique, stratégique, idéologique et personnel. Toutefois, le cahier de charge qu’il utilisait pour justifier son action politico-militaire reflète fidèlement la réalité actuelle d’Haïti. Effectivement, le pays va mal, il faut nécessairement changer de cap sinon, nous risquons de perdre le pays. L’immobilisme qui caractérise l’administration du premier ministre Ariel Henry doit-être dépassé pour commencer une ère nouvelle !

L’insistance du premier ministre Ariel Henry de rester au pouvoir et la persistance de l’opposition à le renverser coûte que coûte constitue un défi à la stabilité. Un élément indispensable pour sortir de la transition par l’organisation d’élections crédibles, démocratiques et inclusives. Car, les mauvaises élections contestées, organisées dans le pays de l’an 2000 à aujourd’hui, créent un climat permanent de tension qui empêchent tout gouvernement d’exécuter son programme. À partir de ce constat, l’organisation de nouvelles élections est incontournable, mais surtout de bonnes élections est indispensable. Donc, les responsables de l’État ont une lourde responsabilité de laquelle dépend tout l’avenir de la nation.

Dans ce cas, il faut trouver les voies et moyens pour dépasser la chicanerie politique actuelle et s’entendre autour d’un synchronisme politique lié à la gouvernance nationale. Pour y parvenir, il faut cesser de personnaliser l’impasse politique qui, en général, consiste à se rejeter les responsabilités, sans pourtant pénétrer la souffrance du peuple qui depuis 38 ans paie les pots cassés. Chers protagonistes, ayez un peu d’humanité, le pays se meurt hâtivement. Les images diffusées dans les médias internationaux accablent ce qui reste encore de l’image de la nation bâtie par nos valeureux ancêtres. Et finalement, la détresse d’une population haïtienne, impuissante, acte et rétracte sans de grands espoirs pour l’avenir!

La nouvelle réalité politique en date du 8 février 2024, après la tentative infructueuse de renverser Ariel Henry du pouvoir, invite à des réflexions beaucoup plus profondes qu’avant sur le « Que faire ? ». En politique, comme dans la vie courante, l’essentiel ce n’est pas ce qu’on veut faire, mais bien ce qu’on peut faire, sans pourtant abandonner l’objectif initial. Le gouvernement et la classe politique d’Haïti se trouvent en ce carrefour singulier ou la raison, le leadership, le patriotisme s’imposent à vous tous. C’est le moment où nul ne peut prétendre oublier ou faire marche-arrière de leur responsabilité devant l’histoire. Quand le sacrifice et le dépassement de soi se contraignent aux décideurs politiques, il faut répondre à l’appel afin d’éviter de décevoir encore une fois le peuple vaillant de la république. Le peuple implore votre conscience, si vous êtes encore des hommes, enterrez la hache de guerre, essuyez le tableau !

Le premier ministre Ariel Henry, en dépit de son maintien au pouvoir à partir du soutien international, doit se comporter en un grand leader pour rencontrer civilement ses adversaires politiques. Aujourd’hui plus que jamais, ce moment présente de nouvelles opportunités politiques de négociation, parce que la nation n’a rien gagné de la dernière échauffourée fratricide. Les restes fumants des pneus calcinés des jours passés jonchent encore le macadam, pareillement les barricades se dressent aussi, les pierres et débris empilent les rues du pays, les parents et amis pleurent la mort des 5 agents rebelles du BSAP, les policiers assassinés, les civils tués… l’économie haïtienne perd des millions de dollars tous les jours pendant la période de protestation…en gros, le pays est sorti victime !

Ressaisissez-vous !

Joel Leon

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