Les Éminentes Personnalités de la CARICOM sont en Haïti, le peuple attend !

Boukan News, 12/08/2023 – Les Éminentes Personnalités de la CARICOM séjournent dans le pays pour une deuxième fois. Cette fois, flanquées d’une proposition publiée à l’avance, entendent convaincre les belligérants à s’accorder sur une solution de sortie de crise. Cependant, les acteurs sont-ils prêts à s’accorder ?
Actuellement, le peuple haïtien est à bout de souffle, de sang et de sueur. Le pays n’en peut plus, même les plus optimistes envisagent de jeter le gang, abandonner tout pour rejoindre une autre terre d’accueil. Ceux qui n’ont pas cette option contemplent le drame des « Dix Hommes Noirs » d’Etzer Vilaire, se retirer dans un coin pour mourir après un dernier repas. Cette scène, ne devrait-elle pas être suffisante pour convaincre les irréductibles à la pitié !
Le Groupe du 21 Décembre
En ce sens, j’ai eu un entretien avec le chef de file du groupe de « L’accord du 21 décembre », maître André Michel.
D’abord, l’avocat recadre la position du 21 décembre en 3 points :
1- La formation d’un gouvernement d’union nationale sous le leadership du premier ministre Ariel Henry.
2- L’élargissement de l’HTC (Haut Conseil de Transition) dans sa composition et ses attributions.
3- La formation du CEP (Conseil Électoral Provisoire) crédible.
C’est cette position qu’a toujours soutenue le groupe du 21 décembre. Ariel Henry doit rester en poste pour organiser les prochaines élections générales. Ce que les signataires de « L’Accord de Montana » refusent d’accepter, ils veulent avant tout le départ du premier ministre avant tout. Ce qui a conduit le pays dans une impasse politique extrêmement longue qui risque de coûter très cher à Haïti.
Les éminentes personnalités de la CARICOM séjournent dans le pays pour une semaine, du 6 au 14 décembre. Pour beaucoup d’observateurs, les acteurs devraient en profiter patriotiquement pour trouver une solution. Cependant, les perspectives sont sombres, parce que les hostilités à l’endroit de la proposition du CARICOM étaient déjà publiques avant l’arrivée des émissaires de l’organisation.
Le Groupe de Montana
Le groupe de Montana rejetait d’un revers de mains l’entière proposition du CARICOM. Ils la qualifiaient de partisane, d’irréaliste…c’est tout à fait normal que les membres du groupe de Montana défendent leur position en critiquant toute idée contraire à leur position. Toutefois, il faut reconnaître que la proposition de l’organisation régionale est ouverte à la discussion. Il incombe aux acteurs impliqués de la finaliser respectivement en fonction des intérêts spécifiques de chaque groupe. D’ailleurs, c’est l’idée fondamentale même de toute négociation, s’aventurer dans des rencontres de ce genre implicitement signifie l’acceptation de s’accommoder aux autres parties pour aboutir à une solution commune, ou il n’y a ni perdants ni gagnants. C’est exactement ce que veut et souhaite la société haïtienne. Il faut reconnaitre que les chances de succès de cette mission restent très faibles!
Il y a aussi une vérité incontournable, la solution finale de cette partie de la crise politique doit nécessairement passer par l’organisation d’élections générales démocratiques, saines et acceptables dans un climat sécuritaire approprié.
Qu’en est-il de la diaspora ?
La proposition du CARICOM n’a pas inclus la diaspora dans le document de discussion et n’a pas été non plus invitée à y prendre part. Cependant, les Haïtiens qui vivent à l’étranger suivent de très près l’évolution de la situation politique haïtienne. A propos de la participation de la diaspora dans le dénouement de la crise, André Michel a répondu ainsi : « Oui, a 500%, notre groupe supporte la participation de la diaspora dans la résolution de la crise. Pour l’histoire, c’est nous qui avons proposé la participation de la diaspora dans la formation du CEP. Il faut permettre à la diaspora d’intégrer les différentes structures nationales de décision. Ce n’est pas un cadeau, la diaspora le mérite ». Très belle déclaration, mais il faut attendre que ces vœux soient matérialisés, car, nous de la diaspora sommes habitués à des envolées infructueuses de ce genre dans le passé. On attend !
J’ai contacté deux responsables du groupe de Montana, malheureusement ils n’ont pas répondu. J’aimerais bien avoir leur opinion sur la participation de la diaspora dans les affaires politiques d’Haïti.
Joel Leon





