Pour qui Luis Abinader se prend-il ?

Boukan news, 10/10/2023 – S’il y a une chose que le peuple haïtien ne supporte pas c’est l’arrogance et la provocation des aristocrates de la peau. En fait, il a plus d’une fois prouvé qu’autant qu’on le titille, autant que sa conscience haïtianiste se radicalise. Car les démiurges de la patrie haïtienne ont insufflé dans le cœur de l’être haïtien la fierté, la résistance et l’art de lever le défi de l’ennemi. C’est donc ce à quoi un certain président Luis Rodolfo Abinader Corona fait face aujourd’hui à cause de son arrogance doublée d’un certain mépris non voilé envers la Nation haïtienne.
Depuis son accession à la magistrature suprême de son pays, le président Abinader, à l’instar de plusieurs de ses prédécesseurs, affiche une haïtianophobie primaire au point d’agiter la virulence des réactions anti-haïtiennes chez ses compatriotes dominicains. Paradoxalement, dans ses discours par devant des organismes internationaux, tels que l’ONU, l’Union Européenne, etc. et des institutions régionales, telles que l’OEA et la CARICOM, Abinader, pour camoufler sa bigoterie maladive, pousse des cris victimistes et affecte à la fois un air paternaliste insidieux – comme ses maîtres étasuniens – à l’endroit des Haïtiens.
En effet, le cynique Abinader utilise ses cris victimistes pour manipuler l’opinion internationale en sa faveur et gagne du monde à sa cause. Car, en présentant la République d’Haïti comme un fardeau insoutenable et un danger pour son pays et pour toute la région, il alimente cette propagande tendancieuse, pour ne pas dire raciste, comme quoi les Haïtiens ne peuvent pas se gouverner, et invite alors la « communauté internationale » de s’accorder avec la République Dominicaine pour intervenir en Haïti « afin d’y mettre de l’ordre».
En fait, voici ce qu’a déclaré Luis Abinader le 30 octobre 2020 lors d’un forum organisé par la Chambre de Commerce Américano-Dominicaine et le Programme d’Amérique Latine de Wilson Center, basé à Philadelphie : « La situation haïtienne est l’un des plus grands dilemmes auxquels fait face la République Dominicaine. Elle cause énormément de soucis parce qu’il n’y a pas de stabilité en Haïti, où les crises sont légion, les gens sont dans la rue, et c’est un pays gangrené par la fraude. C’est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental et le gouvernement n’est pas assez fort pour s’attaquer à la cause de la situation. À cet effet, la République Dominicaine doit protéger ses frontières […]. Nous serons le porte-parole de toutes les Amériques, de toute la région, aussi bien de tous les pays comme la France (qui partagent des liens historiques avec Haïti) afin de travailler sur un plan de développement en faveur d’Haïti qui favorisera aussi la République Dominicaine. Notre pays ne peut pas continuer à supporter le coût lié à la situation qui sévit en Haïti. »
Et, pour afficher son paternalisme insidieux, Luis Abinader de lâcher lors du XXVIIIè Sommet ibéro-américain le 23 mars de cette année, selon Gazette Haïti, « La communauté internationale ne peut pas permettre que cette situation perdure en Haïti. Ceux qui souffrent sont les pauvres Haïtiens. Les quelques riches sont à Miami ou en République dominicaine et chaque jour avec ces gangs, il y a des violations et plus de violations de tous les droits de l’homme, et aussi des violations de l’intégrité et de la dignité du niveau le plus pauvre de la population haïtienne. » et d’ajouter que «la pacification est le seul moyen d’atténuer la crise haïtienne. »
Voilà ! Donc Abinader, le président «au grand cœur » « paka pi klè ke sa » ! Alors qu’il s’attendrit sur le sort du « pauvre» peuple haïtien et qu’il veut absolument le «sauver», il piaffe sur sa souveraineté. Heureusement, la majorité du peuple haïtien comprend bien le jeu du président haïtianophobe! Il sait bien que le gouvernement raciste et réactionnaire du pays voisin est trempé jusqu’aux bouts des ongles dans la déstabilisation et la déchéance d’Haïti, allant des coups d’État, en passant par la corruption des politiciens haïtiens on ne peut plus véreux et antinationaux, jusqu’à la facilitation du transfert d’armes et de munitions aux gangs qui terrorisent les familles haïtiennes et qui perturbent énormément la vie économique du pays au profit exclusif de la République Dominicaine.
Le peuple haïtien déteste le paternalisme de mauvais aloi du président Luis Abinader, qui ne se nourrit que d’une seule obsession, à savoir occuper la terre de Jean-Jacques Dessalines le Grand. En fait, ne voilà-t-il pas qu’il vient de déclarer la guerre à Haïti, le 14 septembre dernier, en procédant à la fermeture unilatérale des frontières entre Haïti et la République Dominicaine, tout en déployant de façon impressionnante l’armée dominicaine le long des frontières et de la rivière du Massacre ? Parce que les paysans du Nord-Est d’Haïti, plus précisément ceux de Ouanaminthe, ont décidé, vu l’absence de l’État haïtien, de construire eux-mêmes un canal prenant l’eau dans la rivière du massacre afin d’arroser leurs cultures dans la Plaine de Maribaroux. Cette mesure jugée on ne peut plus impertinente par Luis Abinader, a ravivé sa rage vénéneuse contre les Haïtiens. Car, d’après ce raciste d’Abinader et l’élite économique rapace de son pays, la République d’Haïti, taxée à cor et à cri – à dessein – comme un État pauvre, un État failli, n’a pas le droit de se suffire à elle-même ; elle doit tout importer, tout se procurer de la république voisine qui en profite pour s’enrichir à coups de milliards de dollars l’an.
Néanmoins, « à quelque chose malheur est bon », dit le dicton. Car l’affront du président raciste, haïtianophobe de la République Dominicaine, au grand chagrin des éternels ennemis d’Haïti et de leurs chiens dressés locaux, vient de rallumer la flamme du patriotisme chez les Haïtiennes et haïtiens de partout, toutes tendances confondues, et les rallier autour d’une cause commune, à savoir relever le défi d’Abinader et le pan raciste de la société dominicaine qu’il représente et battre en brèche leur impertinence.
Entre-temps, face à l’indifférence des charognards de Conzé, des sous-hommes des plus cyniques placés à la tête du pays de Dessalines illégalement par l’impérialisme, le peuple haïtien est résolu, de construire son canal envers et contre tous et s’est déjà promis de construire d’autres au moment voulu, comme l’État dominicain qui en a déjà construit une dizaine.
¡Se quiera o no, el canal será construido, Abinader!
Vle pa vle, kanal li ye, Abinader!
Morisseau Lazarre
Photo: diariodigitaldominicano.com





