Gouvernement/opposition : deux complices de la nouvelle occupation d’Haïti

Orlando, USA, 07/15/2023 – Il est vrai que le gouvernement haïtien avait sollicité publiquement l’intervention d’une force étrangère dans le pays. Cette décision a été rendue formelle, quand le journal officiel d’Haïti, « Le Moniteur » publia un numéro spécial (# 29), le vendredi 7 octobre 2022, dans lequel il a été écrit ce qui suit :
« Le Conseil des Ministres donne mandat au Premier Ministre Ariel Henry, Pour :
1- Solliciter et obtenir des partenaires internationaux d’Haïti un support effectif par le déploiement immédiat d’une force spécialisée armée, en quantité suffisante, pour stopper, sur toute l’étendue du territoire, la crise humanitaire, causée entre autres, par l’insécurité résultant des actions criminelles des gangs armées et de leurs commanditaires. »
L’équipe au pouvoir, par manque d’idées novatrices et de sentiment patriotique, fit choix de la solution facile au lieu de conserver et protéger le caractère inviolable du territoire national. Cependant, les autres segments de l’élite dirigeante du pays n’ont rien fait non plus pour contrecarrer l’option dramatique du gouvernement et repousser la volonté de l’international d’occuper Haïti. La classe politique est le premier complice du projet d’occupation !
Le gouvernement décida, le 7 octobre 2022, de solliciter l’intervention étrangère en Haïti. La classe politique qui, majoritairement se prononçait contre le projet du PM Ariel, avait près d’un an pour s’engager dans une logique consensuelle allant dans le sens d’une solution haïtienne à la crise. On n’a pas constaté l’existence d’un sentiment réel chez les perpétuels candidats à la présidence de se sacrifier afin d’éviter cette humiliation annoncée. Les leaders politiques, hypocrites comme eux seuls, n’avaient pas priorisé dans leur action aucun engagement patriotique certain allant dans le sens du rejet de l’occupation.

Si publiquement, les politiciens se prononcent « à l’oral » contre le projet d’occupation, ils le souhaitent amplement en privée. Car, ils espèrent profiter de la présence des forces étrangères pour se substituer au gouvernement en place. A ce niveau, il faut admettre le fait que le gouvernement actuel n’avait jamais caché ou joué à l’intelligent à propos de son choix d’occupation. En ce sens, les politiciens sont plus coquins que le gouvernement. En apportant cette précision, cela n’enlève en rien leur niveau de complicité dans l’accomplissement de la 4e occupation d’Haïti.
On a constaté une sorte d’obstination dans le comportement de nos hommes politiques pour le pouvoir. Ils veulent le départ du PM de facto Ariel Henry, sans autres formes de procès. Il n’y a pas de substitut. L’évincement du gouvernement ou rien du tout. Ce que le gouvernement américain avait rejeté au début des interminables pourparlers, et ceci sans langue de bois. Pourtant, le comportement du vrai patriote devait être différent, il tenterait tout pour sauvegarder l’intégrité du territoire national. Allant même jusqu’à renoncer à des intérêts politiques et administratifs immédiats, il n’imposera aucune limite à ce propos !
Stratégiquement, si les politiciens haïtiens n’étaient pas complices du projet d’occupation d’Haïti. Ils s’appuieraient sur les représentations diplomatiques de la Chine et de la Russie au sein du « Conseil de Sécurité des Nations-Unies » pour faire avancer le contre-projet d’occupation. Au contraire, ils se contentaient de se défiler à Washington pour présenter leur agenda, dans lequel le rejet de l’occupation n’y avait pas été inclus.
Aujourd’hui, le langage est autour de « la gamme complète d’options de soutien que les Nations Unies peuvent fournir pour améliorer la situation en matière de sécurité, y compris, mais sans s’y limiter, le soutien à la lutte contre le trafic illicite et le détournement d’armes et de matériel connexe, la formation supplémentaire de la Police nationale d’Haïti, le soutien à une force multinationale non onusienne , ou une éventuelle opération de maintien de la paix, dans le cadre de l’appui à un règlement politique en Haïti ».
Tout ceci est dû au fait de l’absence de tout interlocuteur politique haïtien valable, Moscou et Pékin ont les mains libres de négocier n’importe quoi en fonction de leurs intérêts vitaux. D’ailleurs, il y a une source qui fait croire que ces deux états accepteraient de voter pour une résolution qui autorise l’utilisation de la force en Haïti, en échange de la modification de l’accord sur la livraison des grains Russo-Ukrainiens et le désengagement de l’OTAN dans les pays Indopacifiques.
Comme d’habitude, Haïti se retrouve seule face aux agressions internationales !
Joel Leon





