Les politiciens, le cancer d’Haïti !
« Il ne sait rien ; et il pense qu’il sait tout. Cela indique clairement une carrière politique. » (George Bernard Shaw)

Pennsylvanie, USA, 06/16/2023 – Les politiciens haïtiens ne respectent pas de normes, ils n’ont pas de limites dans la bêtise. Les intérêts du pays sont toujours inférieurs face à leurs ambitions intimes. Ainsi, ils ne feront aucun sacrifice pour l’éminence nationale. À Kingston, Jamaïque, ce comportement est la démonstration la plus éclatante de leur mépris face aux calamités du peuple. Pourtant, nos compatriotes sont à bout de souffle, et ceci à tous les niveaux : sécuritaire/économique/social…on s’en fout, quelle absence d’humanité !
Ils évoluent dans l’illégalité pendant si longtemps, ils finissent par l’adopter comme la règle d’organisation de la société. Ainsi, ils participent aux coups d’État de la fin des années 1980, ce qui avait transformé l’institution militaire en un parti politique et précipita son démantèlement de fait. Chaque leader politique exerça une sorte de contrôle sur divers garnisons militaires : Evans Paul avait des influences sur la garde présidentielle, Roger Lafontant contrôlait une bonne partie du haut-commandement militaire, Hubert Deronceray entretenait des relations privilégiées avec les soldats de la caserne Dessalines…Cette anomalie politicienne conduisait à la disparition des « Forces Armées d’Haïti » en 1994, car les contradictions étaient devenues institutionnellement ingérables. Ce qui facilita le coup de grâce d’Aristide sous l’injonction du gouvernement américain. Les politiciens furent les premiers responsables de la disparition de l’armée !
Les politiciens emmènent les militaires à mettre fin à la présidence de Leslie F Manigat. On les a vu à l’œuvre manipuler les pauvres d’esprit de l’état-major de l’armée déguisés en général. En les pressant à reprendre le pouvoir après les élections contestées de 1988 que l’armée organisa elle-même, le 20 juin de la même année. Une action qui mettait à mal le principe sacré de toute société démocratique : « L’autorité du pouvoir civil sur l’institution militaire ».
Ces mêmes politiciens avaient tout fait pour le succès du coup d’État contre la légitimité constitutionnelle, représentée par le président Jean B. Aristide. Le 29 septembre 1991, l’armée, sous les ordres du gouvernement américain, de la bourgeoisie et des politiciens véreux, a mis fin à la première expérience démocratique d’Haïti après les élections historiques du 16 décembre 1990. Ce qui avait provoqué d’intenses réactions internationales qui a ouvert la voie à la deuxième occupation étrangère d’Haïti après celle de 1915.
Après les élections de l’an 2000, qui reconfirma le parti « Fanmi Lavalas » au pouvoir et le retour de Jean B. Aristide à la présidence, les contestations pleuvaient en dépit de l’acceptabilité du suffrage. Après trois ans d’interminables négociations conduites par « l’Organisation des Etats Américains-OEA et le gouvernement américain », les politiciens arrivaient à renverser par les armes le régime constitutionnel, le 29 février 2004. Ce qui avait permis le parachutage d’un gouvernement de facto au pouvoir, dirigé par l’ancien fonctionnaire des Nations-Unies, Gérard Latortue. Tout en boycottant la célébration des deux cents ans de l’indépendance d’Haïti, le premier janvier 2004.
Du fait que René Préval fut un grand manœuvrier politique, il avait pu terminer son mandat constitutionnel de cinq ans, mais non sans heurts et complots. Il était contraint de tisser des alliances hétéroclites, distribuait des pots-de-vin et des jobs par-ci et par-là aux politiciens, répartissait des avantages fiscaux et douaniers aux vautours du secteur des affaires…Ce qui inaugura un mauvais précédent dans la politique haïtienne.
Michel Martelly et Laurent Lamothe vont abusivement exploiter les manœuvres altérées de Préval pour s’acheter les services des sénateurs, des députés, des journalistes, des politiciens…Ainsi, toutes les institutions furent politisées, domestiquées et instrumentalisées au service mesquin d’un groupuscule !
Quand Jovenel Moïse devint président en 2017, il maintenait les mêmes pratiques. Toutefois, il allait plus loin que ses prédécesseurs. Il instituait ces méthodes comme système de gouvernement à l’échelle nationale jusqu’à son crapuleux assassinat, le 7 juillet 2021.
Donc, les politiciens haïtiens ont tout fait pour empêcher le développement d’Haïti. Ils utilisent tous les moyens possibles et imaginables pour déstabiliser le pays au profit exclusif de leurs besaces. Ils ne reculent devant rien pour y parvenir, coups d’état, calomnies, appels à l’intervention étrangère, l’utilisation les services des hommes armés locaux…En fin de compte, ils participent pleinement dans l’assassinat du président Jovenel Moise, en utilisant les services des mercenaires colombiens.
Depuis lors, c’est la débandade totale. D’abord, la guerre des accords : « Accord Marriott, Accord Montana, Accord 11 septembre, Accord Lari a, Accord pour la paix sociale et la stabilité politique, Accord 21 décembre… ». En dépit de toutes ces tergiversations, les interminables séances de négociations, la création de multiples commissions…le pays n’est toujours pas efficacement dirigé. Les Politiciens en mal de pouvoir, traînent leurs pénates partout, cette semaine ils se trouvaient en Jamaïque. A l’exception des politiciens sanctionnés !
Après 4 jours en Jamaïque, ils reviennent bredouilles et couverts de honte pour n’avoir pas été, encore une fois, à la hauteur de l’espérance de la nation. De retour au bercail, au lieu de « se cacher pour mourir de déshonneur », ils ne se taisent pas. Comme de tristes techniciens de la manipulation et de l’audace, ils accaparent instantanément les stations de radios pour vider leur venin de la division et de la haine. Ils s’accusent l’un l’autre, tout en se déresponsabilisant de l’échec des pourparlers patronnés par l’OEA à Kingston.
Le peuple haïtien, habitué avec ce genre de scène depuis plus d’une décennie, poursuit son calvaire dans le silence, la déception et le remords, en attendant l’autre série de stériles négociations des politiciens. La diaspora, comme toujours, maintient son inconditionnel soutien au peuple haïtien sous toutes les formes possibles.
Toutefois, il y a des exceptions à la règle générale. Ils ne sont pas nombreux et très marginalisés. Cependant ils se débrouillent comme des durs à cuire envers et contre tous pour se frayer un chemin. Car ici, la tradition a la vie dure !
Joel Leon
Photo: huffpost





