Dans une décennie,1 million d’autres « Timakak » naîtront, soyez prêts à les abattre !

Pennsylvanie, USA, 04/30/2023 – Pendant que nous tuons massivement des bandits en les brûlant vif…1 million de « Timakak » s’emmènent, ils n’ont pas encore même pris naissance, mais déjà condamnés à être passés par le supplice du bûcher. Préparons-nous à les liquider comme des chiens dans une petite décennie !

L’horrible spectacle auquel le monde assiste aujourd’hui en Haïti était prévisible. L’exclusion, la misère, les préjugés…qui s’installent ouvertement dans le pays ne pouvaient donner lieu à rien d’autre qu’à cette exhibition anthropophagique. Depuis des décennies, les jeunes ne cessaient d’envoyer des signaux clairs aux élites nationales, et ceci par tous les moyens, dont : des manifestations de rues, des grèves générales, des émeutes…d’autres par des voyages clandestins en pleine mer tout en sachant qu’ils vont mourir pendant la traversée du canal du vent ou dans la jungle du Mexique…un autre groupe de jeunes se laisse consommer par l’alcool, la drogue, la prostitution…le dernier groupe de désespérés fait le choix criminel du gangstérisme. Nous étions restés sourds à leurs cris jusqu’à ce que les bandits choisissent de prendre le contrôle total du pays lorsque nos biens et vies sont menacés.
Comme réponse, en guise de bloquer la corruption systématique, d’être inventif à créer des débouchées, de cesser le gaspillage des ressources nationales, d’inspirer de l’espoir, de dialoguer avec les jeunes comme des personnes à part entière…le gouvernement a lancé de préférence un appel à l’étranger pour envoyer des militaires dans le pays. C’est devenu une pratique courante, à chaque fois qu’un gouvernement échoue, au lieu de se démettre gracieusement, il fait plutôt appel au gouvernement américain pour occuper le pays pour substituer à leur manifeste incompétence.
Le 4 août 2022, déjà j’avais déjà écrit dans un article sous le titre : « Mr le PM, l’exécution des bandits ne suffit pas ». Ce fut un appel à la raison qui invite le premier ministre à procéder autrement, car « Le gangstérisme, dans sa prolifération excessive, est le résultat de plus de 200 ans de politique publique ostracisant envers la majorité nationale en faveur d’une minorité « Zwit ». Donc, des individus comme : « Izo, lanmò 100 jou, Barbecue, Tilapli, Timakak… », prennent naissance à partir de l’échec des élites politiques, économiques et sociales qui a créé un vide sépulcral. Ces jeunes, qui ne savent pas mieux, tentent de le combler par la violence pécuniaire, à savoir le kidnapping, le racket, le massacre, le mercenariat…pour survivre dans cette jungle. » Donc, il faut aller au fondement du problème afin d’y apporter des solutions définitives et durables. Plus de saupoudrage, cela ne va rien changer sinon que renvoyer la tragédie à une date ultérieure.
On n’a rien appris pendant ces 37 dernières années. C’est encore l’émotion qui prédomine partout en Haïti en ce moment. La raison se cache pour ne pas se faire brûler dans cette tragique opération de « Bwa Kale ». On a une mémoire d’oiseau dans ce pays !
Avec seulement l’abattage des violateurs des droits de l’homme et les tortionnaires (les macoutes en 1986) et les bandits d’aujourd’hui, on ne parviendra guère à résoudre les maux d’Haïti. Ceux qu’on brûle dans les rues sont les victimes d’un ensemble de décisions politiques, économiques et sociales prises par les élites du pays. Si on ne fait pas d’autres choix de politiques publiques basés sur le patriotisme, l’intégrité et la compétence, on aura à sacrifier des centaines de jeunes à chaque décennie.
La violence ne peut être une fin en soi. En Haïti, on prend le pouvoir par la violence, on le conserve par la violence, jusqu’à ce qu’il soit renversé par la violence. L’utilisation abusive de la violence par les élites nationales envoie un signal clair au pays que seule la violence garantit le mieux-être. Donc, la violence est devenue l’arme redoutable des audacieux et des faibles d’esprit.
Les actes des gangs sont intolérables et méritent d’être combattus avec la plus grande fermeté. Je suis directement victime de ce climat de violence ponctué de kidnappings, d’exécutions sommaires…Ma mère est morte à Port-au-Prince au mois de mars dernier, je ne pouvais faire le déplacement pour assister à ses funérailles comme son fils unique. Ce fut un moment très affligeant pour moi et les autres membres de la famille. Toutefois, je pense qu’il faut aller à la source du problème pour préserver la vie de nos jeunes de sombrer dans le crime pour vivre. Il n’y a rien d’autre à faire que de mettre un terme à la gestion prédatrice du pouvoir d’État par des apatrides, des corrompus et des incompétents.
Toutefois, il faut admettre comme après l’abattage des macoutes en 1986, les exactions disparurent pendant un temps pour revenir sous d’autres formes : « ataches, zenglendos etc. ». Aujourd’hui, c’est la répétition de cette même histoire, depuis le début de l’opération « Bwa Kale », on n’enregistre aucun cas de kidnappings dans la zone métropolitaine. Les bandits d’Izo ne rançonnent plus les « Taptaps » sur la route de Martissant…c’est très bien, mais pour combien de temps ?
Il faut changer le mode de gouvernance dans le pays en plaçant l’intelligence, le patriotisme et l’honnêteté au pouvoir. Sinon, on aura à tuer, malgré nous, des centaines d’autres jeunes désespérés qui recourent au gangstérisme afin de survivre.
Joel Leon





