7 février 1986 – 7 février 2023…. 37 ans après, où est le changement promis ? 

7 février 1986 – 7 février 2023…. 37 ans après, où est le changement promis ? 

Pour bien comprendre, s’il y a progression ou pas, on peut toujours se référer à cette citation de ce grand homme politique, journaliste, écrivain haïtien : « Une révolution est effective quand elle apporte une amélioration dans les conditions d’existence de la population ». Mais actuellement, en Haïti, nous vivons le contraire de ce que devrait être une révolution.

Michaud Joanier

Paris, France, 02/06/2023 – En effet, le 7 février 1986, les Haïtiens se libérèrent de la dynastie duvaliériste, pas de la dépendance !

Par suite d’une révolte populaire, le 7 février 1986, Jean Claude Duvalier partait pour l’exil. La liesse populaire gagne les villes et les provinces. Mais 37 ans après, où en sommes-nous ? Qu’est ce qui a changé pour le peuple haïtien ?

Jean-Claude Duvalier

Après la chute de la dictature, d’anciens exilés politiques rentrent en Haïti…Haïti libérée. Ces derniers se joignent aux irréductibles de la place, le rendez-vous était donné pour le grand sauvetage national. Mais la lune de miel aura été de courte durée, puisque le virus de la division s’attaquait à tous les secteurs de la société haïtienne. Les vieilles rancœurs refaisaient surface !

De ce fait, les intérêts personnels priment sur les intérêts nationaux. Haïti plongea dans une crise post-Duvalier. On réalise que le mal haïtien est beaucoup plus profond que ce qu’on pensait. La dictature fut, bien que soit réelle, l’arbre qui cacha la forêt des apatrides. Les uns se croyaient être plus intelligents que les autres, les affrontements fratricides prennent place !

Nous sommes amenés à nous poser les questions que voici :  Comment se fait-il qu’Haïti soit devenue pire qu’avant, et ceci tant sur le plan sécuritaire qu’économique ? Quelles en sont les retombées du contrat social dont on nous vantait les mérites en 2004 ? Est-il normal qu’après 219 années, si nous remontons l’histoire, qu’Haïti ne soit toujours pas capable de se doter de véritables institutions dignes de ce nom ? Pourquoi qu’on ne soit toujours pas capable d’adopter un modèle économique qui puisse nous permettre d’affronter les grands défis du moment ?

Les exclus

Triste de constater, en 2023, qu’Haïti se trouve à la croisée des chemins, un pays gangstérisé, couvert de fatras, des institutions non-existantes quand elles ne sont pas gangrenées par la corruption, une inflation à plus 47%. Bref, une nation placée sous la perfusion économique de la communauté internationale.

L’heure est d’autant plus grave que l’actuel gouvernement de facto, dirigé par Ariel Henry, encourage à l’exode, à la fuite des cerveaux…Ils veulent tous échapper de la misère ambiante, de l’effrayant climat d’insécurité. Le désespoir bat son plein, tant à la capitale qu’en nos villes de provinces !

Les différents gouvernements qui se sont succédé, ces dernières années, enfoncent le pays davantage dans l’abîme. Le Phtkisme devient un cancer pour tout le tissu social haïtien.

Ariel et Mirlande

Le 6 février 2023, est installé aux côtés d’Ariel Henry, un Haut Comité de Transition-HTC, que personne ne connaît vraiment sa mission. Alors qu’on annonce les élections pour cette année 2023, dans un pays où plus de 65% de son territoire est contrôlé par des bandes armées. À tel point qu’on se demande est-ce que ce sera possible d’organiser des élections ?

Pendant que nous commémorons les 37 ans de l’après Duvalier, le kidnapping est la seule industrie qui prospère dans le pays. Cette semaine encore, plus de 350 000 emplois sont menacés de disparition dans l’indifférence totale du gouvernement …Tout ce tableau, ô combien sombre, nous pousse davantage à nous questionner : En quoi la révolte du 7 février 1986 à modifier le mode de vie du peuple d’Haïti ? Quel a été son sens ?

Les salauds

Pour bien comprendre, s’il y a progression ou pas, on peut toujours se référer à cette citation de ce grand homme politique, journaliste, écrivain haïtien : « Une révolution est effective quand elle apporte une amélioration dans les conditions d’existence de la population ». Mais actuellement, en Haïti, nous vivons le contraire de ce que devrait être une révolution.

Tous les indicateurs macro-économiques sont au rouge écarlate, l’existence même de la république d’Haïti est compromise et, tout montre que le pire est devant nous, mais pas derrière nous. Vu qu’il n’y a pas de cap fixé, de politiques publiques envisagées, de dispositions entreprises auprès de la banque centrale de manière à freiner la chute vertigineuse du dollar par rapport à la gourde, les gangs armés gagnent de plus en plus de territoires …

Nous sommes encore loin du compte !

Michaud Joanier, Journaliste

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