3 jours avant le premier anniversaire de l’assassinat de Jovenel Moise, Samir Handal est libéré !

Pennsylvania, USA 07/04/2022 – La libération de Samir Handal était prévisible. Depuis le départ de Claude Joseph du ministère des affaires étrangères, le dossier était totalement abandonné.
Mr. Jean Victor Geneus, l’actuel chancelier haïtien, un homme connu pour son honnêteté et sérieux, traitait l’affaire de Samir Handal avec une extrême négligence. Quoiqu’il eût fait comprendre à un cadre du ministère que ce dossier relevait uniquement de son indulgence. Mais en réalité, même les correspondances diplomatiques avec les autorités de la Turquie n’étaient pas assurées. Donc, c’était le blackout total !

D’après Claude Joseph, l’opposant farouche au président/premier ministre Ariel Henry, a déclaré à travers un tweet, que : « L’implication présumée de Samir Handal dans l’assassinat de Jovenel Moise est bien documentée dans le rapport de la JCPJ, un travail impeccable. Handal a été libéré parce que le gouvernement d’Ariel Henry a délibérément produit une demande d’extradition bâclée qui n’avait aucune chance de réussir ». Maintenant, il revient de demander à l’ancien chancelier/premier ministre, pourquoi avait-il attendu après la libération du suspect Handal pour dénoncer le comportement d’Ariel ?
Comme plusieurs observateurs ne cessèrent de le répéter, l’assassinat de Jovenel Moise entre dans la lignée des crimes parfaits qui peuplèrent la justice haïtienne, de 1986 à nos jours. Donc, rien ne sera fait, comme ce fut le cas pour : Jean Dominique, Antoinette Duclair, Monferrier Dorval, Antoine Izméry, Antoine Leroy, Ely Larocque…Jovenel Moïse !
Dans ce cas précis, il faut demander des comptes au chancelier Geneus. C’est lui qui devrait légalement entretenir et maintenir une relation étroite avec les autorités Turques, en exécutant toutes leurs requêtes, dans un délai raisonnable, si ce n’est pas prioritaire. Le juge a libéré Handal parce que l’État haïtien n’avait répondu à sa demande d’assurance que l’extradé ne sera pas maltraité, exécuté…lorsqu’il sera remis aux autorités haïtiennes. C’est une négligence grave, vraisemblablement motivée par un choix politique suspicieux de mettre fin à cette affaire.

Voilà ce qu’a écrit un observateur sur les conséquences de l’assassinat de Kennedy : « Les années 1960 après l’assassinat de Kennedy ont vu des changements majeurs aux États-Unis. Il y a eu une dégradation croissante de la confiance dans notre gouvernement. La façon dont l’ancienne génération considérait la jeunesse américaine a changé et les limites de notre liberté d’expression constitutionnelle ont été mises à rude épreuve. L’Amérique était dans une période de bouleversement qui ne se terminerait que dans les années 1980. ». Il avait pris environ une trentaine d’années pour que l’Amérique revienne à ses sens, une nation si fortement institutionnalisée. Qu’en sera-t-il d’Haïti ?
On se demande si les conséquences psychologiques de cet assassinat ne se font pas déjà sentir dans le pays. S’il est vrai que l’insécurité existait déjà sous la présidence de Jovenel Moïse et même avant, toutefois, on ne peut s’empêcher de constater une nette recrudescence. On dirait que ce phénomène a franchi une étape fille de la folie furieuse, ou les assassins sont possédés par des forces invisibles qui les vident de leur humanité.
Le pire, la population haïtienne semble jouer le jeu aussi. Son abandon de lui-même, sa démission commune, son acclimatation lugubre, le désir de tout accepter…aguerrissent les gangs. La marche de plusieurs milliers de citoyens dans la 3eme circonscription de Port-au-Prince du samedi 3 juillet, pour exiger la libération du chef de gang Ezekyel, n’est-elle pas l’expression de cette furie collective qui infecte l’humanité de tout un peuple.

Je n’étais pas un supporteur de Jovenel Moïse, à cause de l’abandon de son origine sociale et historique au profit de l’oligarchie haïtienne. Cependant, il était le président de mon pays, son assassinat crapuleux a interpellé ma conscience citoyenne. Le désir ardent de voir punir les assassins de Jovenel reste très présent dans mon quotidien. Comment se fait-il qu’Ariel Henry, le plus grand bénéficiaire de sa mort, car il fut le dernier acte politique de celui-ci, ne priorise pas l’enquête ?
Pour terminer, la libération de Mr. Handal, a seulement 3 jours du premier anniversaire de la mort du président, est un message clair qui vient corroborer ce qu’on savait déjà, pas de justice pour Jovenel Moïse. Car, le complot qui est soldé par la liquidation physique de celui-ci, a des ramifications transnationales puissantes et les criminels locaux ont des expertises certaines pour avoir renversé Jean Bertrand Aristide en deux occasions, presque dans les mêmes conditions. Et ceci, en dépit de son énorme soutien populaire. Cela dit, qu’ils sont les maîtres incontestables et incontestés d’Haïti.
Que la volonté du Dieu tout-puissant soit faite !
Joel Leon





