26 AVRIL 1963-1986-26 ET 2021 : Pas un Sursaut, pas Même un Iota de Dignité !
« La mémoire, c’est pour les gens qui ont un nom » aurait pu paraphraser Notre bon vieux Manno Charlemagne………On- non- je le regrette infini-infiniment…
26 avril.
Trop jeunes pour se souvenir. Trop vieux pour oublier ou ne pas oublier ?
Les dates arrivent, passent et s’évaporent dans la nature dans la plus totale indifférence des uns et des autres. Dans l’insouciance, même. Quel cas ? On n’en fait ou on n’en fait plus. Non ! On ne s’intéresse plus à rien. Pas même dans la vie… Elle ne vaut plus rien. On tue, on brûle les gens. On s’en glorifie même dans les réseaux sociaux. Et, l’état Haïtien se tait… Les images sont là. Les noms sont là. Les paroles aussi… Pas un mot, même pas un soupir d’indignation et de lassitude pipés…
C’était tellement révoltant ce qui s’est passé dans ce petit Fort de défense maritime situé à l’entrée nord-Est de la capitale transformée en prison pendant la période coloniale…
Que de souffles de vie ont expiré derrière les murs et les cellules de ce centre carcéral avec une réputation historique de déshonorant, déshumanisant… des mots vraiment tendres pour décrire les violations perpétrées et inscrites dans les registres des geôliers triés sur le volet par nos multiples despotes de Soulouque à Duvalier et le Major Pognon en passant par la première occupation directe du pays de Dessalines… !

26 avril. On oublie ou l’on feint d’oublier les Familles Benoit, Jocelyn, Lominy etc… Le carnage dans les rues de Port-au-Prince, des incendies et des tueries insensés Pour une tentative d’enlèvement des enfants du plus grand despote Anti Haïtien de l’histoire politique nationale. Ironie de la bêtise. Le premier kidnapping pour raison politique d’un bébé, celui de la famille Benoit. Ni vu, ni revu depuis ce jour mortifère du 26 Avril 1963…
26 avril. Mais ce n’est pas tout. On criait : Plus jamais, Plus Jamais…On voulait y entrer pour aller contempler les résidus, les lambeaux de peau, de vêtements encore pendus dans des fils d’araignée pour raconter une histoire, n’importe laquelle cette de Henri Claude Daniel, de Corvington, Yvon Pivergé, Edouard Calixte (Toto), Elie Calixte, Jose Wazenbeck, Marquez Jasmin…

On pensait pouvoir retrouver un crâne, un fémur, une dent en or qui inciteraient curiosité et sur lesquels on s’esquinterait à construire ou reconstruire une image d’un ouvrier, d’un paysan, d’un étudiant ou d’une étudiante ou d’un (e) intellectuel (le) petit (e) bourgeois ( e) ciblés et arrêtés pour indépendance d’esprit et capacité de voir autrement le pays où la rencontre des Européens, des Tainos et des Africains a enfanté une nouvelle civilisation..
Puis, puis…. Les mitrailles ont crépité, les fusils ont tiré à bout portant sur une foule de jeunes et de moins jeunes qui voyaient l’avenir de cette galère comme un musée d’horreurs politiques…
Bilan plus d’une dizaine de morts dont celle du jeune Camarade socialiste, l’agronome Fred Coriolan… C’était en 1986…
26 avril 2021. 58 et 35 ans plus tard…. C’est Port-au-Prince tout entier qui s’est transformé en un géant « Fort-Dimanche ». Avant même la tombée de la nuit, des survivants se terrent chez eux dans des bicoques de fortune en tâche, en blocs entourés de « fer forgé » ou dans villas avec des murs de “ trois mètres de haut” et d’un mètre d’épaisseur. Illusion de protection et de sécurité… On tremblote et on transpire sous son drap au moindre bruit de pas ou quand l’aboiement des chiens du voisinage monte en intensité…

J’imagine que les prisonniers de « Fort-Dimanche » avaient à peu près la même sensation quand les bourreaux des Duvalier venaient les chercher au beau milieu de la nuit pour les danses mortelles d’exécutions sommaires…
Never, Never… Jamais, Jamais… Plus jamais… Entendra -t-on ce cri à nouveau ? Un jour ?
L’idée du « Musée d’Horreurs » est encore là dans la tête et le cœur ♥️ des patriotes qui tentent de comprendre encore ce qui est arrivé à Jean Jacques et des progressistes de l’intérieur comme de l’extérieur qui doivent s’unir, unir, cumuler force, énergie, intellect et courage pour un « Jamais, Plus Jamais » définitif…et perpétuel… Le seul moyen, la seule façon de contenir l’influence nocive des Haïtiens dénaturés tenant un pouvoir de façon illégale et frauduleuse et n’affichant en rien un sursaut de dignité et pas un tantinet de décence…
Recollectons notre mémoire pour construire un autre avenir pour nos enfants, nos petits-enfants et Haïti 🇭🇹
Wilfrid Supréna….






