Qu’est ce qui se cache derrière l’obsession de la nouvelle constitution ?

Qu’est ce qui se cache derrière l’obsession de la nouvelle constitution ?

« Toute Consultation Populaire tendant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite. » (Article 284-3 de la constitution haïtienne de 1987)

Par Joel Leon

Je crois fermement que la démarche de Jovenel Moïse de produire une nouvelle constitution est illégale et inappropriée. La constitution de 1987, à travers l’article 284-3 est très claire : « Toute Consultation Populaire tendant à modifier la Constitution par voie de Référendum est formellement interdite ». Celle amendée, aussi n’a pas prévu de référendum non plus. Cet exercice populaire, appelé référendum, est nominativement banni dans la loi-mère. Donc, se lancer dans une entreprise pareille ne fait qu’empirer une crise générale qui avait déjà atteint son paroxysme. Pourquoi cette obsession à vouloir changer la constitution ?

Referendum de 1964 (Photo: Rezo Nodwes)

Un petit tour d’histoire. François Duvalier réalisa un référendum pour changer la constitution, le 14 juin 1964. Mais environ un mois auparavant, soit le 25 mai 1964, l’Assemblée nationale, inféodée à la cause de papa doc, avait déjà proclamé François Duvalier président à vie. Donc, le référendum n’était rien d’autre qu’une formalité dictatoriale. C’est à peu près le même cas de figure en 2021, lorsqu’on considère l’obstination avec laquelle que Jovenel Moïse et son équipe procèdent à la ratification populaire d’une nouvelle constitution. Et ceci, en dépit de la levée de boucliers de tous les secteurs de la vie nationale, cette attitude me rend curieux et me porte à réfléchir sur les motivations poussant les acteurs gouvernementaux à prendre ce chemin rocailleux. Qu’est ce qui se cache derrière ce comportement « TET DWAT » « adelante » de Jovenel Moise ?

S’agit-il d’une manœuvre pour que Jovenel Moïse se porte candidat à sa propre succession, car la nouvelle constitution le lui permet.

S’agit-il d’un empressement dicté par le gouvernement américain, compte tenu du fait que Jovenel Moïse obéit toujours aux injonctions de la super-puissance. Si c’est le cas, que cherchent les Américains à travers les articles de cette nouvelle constitution ?

S’agit-il d’un test politique, car si Jovenel Moïse réussit dans cette entreprise d’accoucher une nouvelle constitution, il n’y aura plus de barrières qui sont capables de l’empêcher d’organiser d’autres élections « malachong » dans le pays, soit pour se maintenir au pouvoir ou parachuter quelqu’un d’autre de son entourage.

Changer la constitution est une entreprise futile. C’est l’œuvre de quelques manœuvriers politiques, pour cacher leurs échecs, ils lancent tout le malheur sur le dos de la constitution, qui n’est rien d’autre qu’une personne morale. Est-ce que Jovenel Moïse avait essayé une fois de mettre la constitution en application. Pas même une fois ! Tous les présidents qui paradaient au pouvoir, de 1986 à aujourd’hui, dirigeaient le pays comme si la constitution n’existait pas.

George Michel, éminent constitutionnaliste, historien et juriste, publia un texte dans le Nouvelliste et qui a été repris dans Boukannews, dans lequel il était d’une rare logique, spécialement quand il avance que : « Le président devrait aussi savoir qu’il existe en droit un principe fondamental qui veut qu’on ne puisse pas interpréter un texte juridique en vue de l’annuler, de le vider de sa substance, de lui conférer un caractère absurde, ou bien de lui faire avoir des effets contraires ou pervers. C’est le principe « Actus interpretandus est potius ut valeat quam ut pereat » 

Avec cet argument, George Michel « kraze lit la » !

Cependant, la folie de tout faire, même quand tout s’empire vers la destruction, qui est une invitation à arrêter, constitue la pierre angulaire de la bêtise. Le pouvoir, quand il est exercé par les « minimalistes », expose le peuple à toute sorte de danger tout en faisant la promotion de l’imposture. Cette énergie que Jovenel Moise, Mathias Pierre et Claude Joseph, sont en train de gaspiller dans une entreprise vaine et sans lendemain était nécessaire pendant tout le mandat du régime. Afin de pouvoir réaliser quelque chose de bon pour le pays.  En revanche, les gouvernements passaient la majorité du temps à ne rien faire, sinon qu’envenimer une crise dont ils n’ont pas l’intelligence, ni la volonté de juguler.

Les réponses à toutes ces questions viendront bientôt. Quand les coquins sont au pouvoir, le bien-être du peuple ne fait jamais partie de leur agenda. « La vérité est comme de la fumée, rien ne peut l’empêcher de s’enfuir ». Les raisons de cet acharnement à organiser ce référendum illégal seront étalées au grand jour, et elles ne peuvent être que mercantiles !

Joel Leon

One comment

  1. Changez une constitution n’a rien à voir celle qu’elle va remplacer. Il s’appelle changement mais pas amendement, cessez d’exirber votre article 284.3 de votre constitution 1987. Elle n’a pas fait fonctionner le pays et elle mourit la corruption, prenez conscience si vous en avez ,,,!

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